Analysis : Consequences of the COVID-19 on the vintage Omega market

—ENGLISH VERSION AVAILABLE SOON—

 

Face à la crise liée au COVID-19, comment le marché des montres (et en particulier celui des Omega vintage) réagira-t-il ?

Assistera-t-on à une baisse des prix, ou au contraire la côte se maintiendra-t-elle ?

 

Dans le monde des montres, il convient de faire une distinction essentielle : d’un côté les montres de collection, et de l’autre celles que je qualifierais de « produits spéculatifs ».  Ces dernières font l’objet depuis quelques années d’une flambée des prix très forte, hors de toute logique.  Cela s’explique car un certain nombre d’investisseurs se sont mis à les acheter uniquement dans l’attente d’une plus-value en cas de revente ultérieure.  Plus vraiment des montres, mais des « produits financiers » qui dorment la plupart du temps dans des coffres.  Elles ne sont pas acquises parce qu’elles plaisent, mais uniquement car elles prennent — normalement — de la valeur.  Notons toutefois que ces produits spéculatifs sont à la base des montres de collection, avec une histoire souvent passionnante, mais l’aspect financier a pris le dessus.

Les montres de collection, à l’inverse, sont recherchées par les amateurs en raison de leurs qualités intrinsèques : leur histoire, leur design, leur beauté, leur mouvement… Les collectionneurs les achètent car elles leur plaisent réellement.  Parfois, la recherche du graal peut prendre plusieurs mois voire plusieurs années.  L’aspect financier entre tout de même en ligne de compte : même si l’objectif premier n’est pas de faire une plus-value, le collectionneur essaie en général de faire des achats intelligents grâce auxquels il perdra le moins possible en cas de revente.

 

Afin d’illustrer tout cela, j’ai décidé d’analyser l’évolution des prix de quelques modèles emblématiques.  Tout d’abord des modèles « spéculatifs » : rolex daytona 116500, rolex daytona 116520 et Patek Philippe Nautilus 5711/1A. Ensuite, je comparerai ces résultats avec des montres qui rentrent véritablement dans la catégorie « montres de collection » en raison de leur intérêt à la fois historique, esthétique et mécanique : en premier lieu la Speedmaster 105.012, fameuse référence portée par Neil Armstrong lors de la mission Apollo XI, et ensuite la Speedmaster 145.022 des années 1980, référence emblématique dont la popularité ne cesse d’augmenter.

Les chiffres repris dans ces graphiques sont le fruit de mes recherches et se basent sur diverses bases de données récoltées au fil des ans : transactions réalisées personnellement, prix observés sur des plateformes de vente entre particuliers, forums spécialisés, ventes aux enchères, chrono24.

Entrons maintenant dans le vif du sujet !

 

Rolex Daytona 116500 

Le graphique ci-dessous s’applique pour des exemplaires full set en très bon état.

 

Rolex Daytona 116520 

Le graphique ci-dessous s’applique pour des exemplaires full set en très bon état.

 

Patek Philippe Nautilus 5711/1A

Le graphique ci-dessous s’applique pour des exemplaires full set en très bon état.

 

→ Sur ces différents modèles, nous constatons une véritable envolée des prix à partir de 2018.  Avant cela, la courbe augmentait de manière plus modérée.  C’est véritablement en 2018 que les spéculateurs sont arrivés en grand nombre, créant un marché possiblement surévalué que je qualifierais même de malsain.

 

Omega Speedmaster 105.012

Le graphique ci-dessous s’applique pour des montres en bon état d’origine, sur bracelet cuir.  Les exemplaires en état particulièrement remarquable, ou avec bracelet acier d’origine, se négocient à des tarifs supérieurs.

 

Omega Speedmaster 145.022

Le graphique ci-dessous s’applique pour des Speedmaster 145.022 “classiques” des années 1980, avec cadran tritium et bracelet acier 1479.

 

→ L’augmentation de la valeur de ces deux références s’effectue de manière beaucoup plus raisonnable que pour les modèles spéculatifs vus plus haut.  Même si les côtes ont fortement augmenté depuis 2014, nous n’observons pas de « flambée malsaine ».  Ce raisonnement peut d’ailleurs s’appliquer à l’ensemble des références de Speedmaster vintage.  Le marché des Omega, relativement solide et préservé des gros spéculateurs, trace sa route doucement mais sûrement.

 

 

Conclusion : que se passera-t-il suite à la crise du coronavirus ?

 

En ce qui concerne les modèles « spéculatifs », il est très probable que nous assistions à une baisse des prix.  Prenons à titre d’exemple la Daytona 116500 qui, début 2020, se vendait environ 22.000€ sur le marché de l’occasion.  Aujourd’hui, 22 mars 2020, plusieurs exemplaires sont déjà disponibles autour de 20.000€ chez des marchands européens.  Ces montres étant de véritables produits financiers, elles obéissent en quelque sorte à la même loi que les actions : lorsque leur valeur commence à baisser, ceux qui en possèdent s’inquiètent et sont de plus en plus nombreux à revendre, entraînant une nouvelle baisse des prix.  C’est précisément ce qui est en train d’arriver.

Comment prédire l’évolution des prix des modèles “spéculatifs” suite à cette crise économique, lorsque la majorité des investisseurs auront quitté la partie ?  Reprenons le graphique de la Daytona 116520 en corrigeant la courbe à partir de 2018, comme s’il n’y avait jamais eu ce phénomène hautement spéculatif.  Voici donc le niveau de prix « raisonnable » auquel ce modèle devrait se vendre en 2020.

Par conséquent, si l’on suit la tendance générale depuis 2014 pour ce modèle (matérialisée par la fine courbe noire dans le graphique ci-dessous), voici comment devrait se comporter le marché à partir de 2020.

 

→ Nous voyons bien, sauf scénario catastrophe, qu’il n’y a aucune raison de s’alarmer.  Les modèles spéculatifs, même s’ils subissent une légère baisse, ne devraient pas s’effondrer contrairement aux produits financiers dématérialisés, beaucoup plus volatiles et instables.  Ne paniquez donc pas si la valeur de votre montre baisse mais décidez plutôt de la garder une ou deux années supplémentaires.

 

Voici maintenant mes prédictions pour la Speedmaster 105.012

 

→ Étant donné la faible spéculation sur les Speedmaster vintage, le nombre d’amateurs (et de collectionneurs) qui les recherchent restera relativement stable même après la crise du COVID-19.  Soulignons que l’engouement suscité par ce chronographe mythique a récemment été amplifié par le cinquantième anniversaire de l’alunissage ainsi que la mise en production d’un nouveau calibre 321.  En raison du climat actuel relativement anxiogène, il est probable que les prix restent stables durant les prochains mois, avant de reprendre dès 2021 leur paisible augmentation.

 

©Gaëtan Lana – Brussels Vintage Watches 

0 Comments

Leave a reply